Arwen
Journée noire. Bleue noire comme la nuit, une étoile du soir qui s'éteint mais un soleil qui brille.
Née le : 04/05/2009
Décès le: 22/03/2011
Ages: 22 mois
Couleur: Noir irish argenté (reflets bleus et non blancs)
Oreilles: dumbo
Signification du prénom: étoile du soir
Surnoms: Wiwine puis princesse, ma chérie, ma beauté, miss propreté, ma fée
C'est comme un carte en moins dans un jeu ou une bille perdue dans un solitaire.
Il manque un élément. On peut essayer d'utiliser un joker, contourner le problème mais ça reste une absence, il y a quelque chose en moins qui servait au bon fonctionnement du jeu.
On a l'impression qu'on n'a pas eu le temps de tout faire: pas assez de photos, des vidéos en moins, elle n'aura pas eu son cadeau d'anniversaire ... Puis tout ce qu'on ou qu'elle ne pourra plus faire: elle ne mettra plus les pattes dans l'eau, il n'y aura plus de câlins, de rat sur ma tête, plus de trous dans les draps, de création personnelle avec les fermetures éclaires de mes polaires, de chatouilles et courses poursuites dans le lit, ne plus appeler ma "Wiwine".
Elle est partie trop vite sans même que je m'y prépare.
Donc voilà je n'étais pas pressée de me retrouver dans cette rubrique mais fatalement, il fallait bien qu'un jour ça arrive. Mais justement. On ne le conçoit pas. On le sait, on a peur, ça nous prend au ventre rien qu'à y penser mais ils sont là, ils sont proches de nous et on ne le conçoit pas. C'est comme s'ils pouvaient être éternels. Le cerveau ne se conditionne pas. Puis d'abord un elfe ça ne meurt pas.
Ma petite fée, ma miss propreté, toujours à se nettoyer, à agir avec délicatesse, à tel point que pour boire elle ne faisait aucun bruit. C'était impressionnant. C'était une petite duchesse.
Elle adorait que je vienne jouer avec elle. Je lui faisais des chatouilles et elle partait en courant se cacher dans la couette avant de revenir, gaiement en sautillant.
L'été dernier elle a découvert l'eau et pour elle ce fut le grand amour. Elle aimait patauger ou faire des grands sauts dans l'eau. Quand j'ouvrais le robinet elle s'amusait à essayer d'attraper l'eau avec ses deux petites pattes.
En cage elle jouait le rôle de la dominante bien que ce n'était pas elle. Disons qu'elle avait accepté d'endosser le mauvais rôle afin qu'il y ait un minimum d'ordre. Plus il y a de rats, plus c'est nécessaire.
Elle était du genre calme, joueuse et elle aime l'ordre, l'élégance, elle avait la patte délicate.
On ne peut pas dire qu'elle était très patiente avec les jeunes. Faut dire qu'elle se faisait vite coller aussi. Puis il fallait la respecter, elle n'appréciait pas si on ne se soumettait pas.
Elle est arrivée dans ma vie par un joli jour d'été. J'ai fait un peu de route pour la chercher mais ça en valait la peine. Aloha a été ravie de l'accueil et manquait d'impatience lors de la quarantaine. Entre elles, il n'y a jamais eu de problèmes, elles ont toujours été proches.
Elle a fait partie des premières rates qui ont illuminé ma vie, qui m'ont fait plonger à corps perdu vers le monde du rat. C'est mes filles et on m'a enlevé une fille.
Samedi soir elle ne se sentait pas bien et ça a été un long combat pour la maintenir: bouillotte, seringue d'eau, rénutril... et pleins d'amour et de câlins.
Elle s'est battue, je ne sais même pas comment elle a fait pour tenir aussi longtemps. Sans doute qu'elle m'a fait confiance. Lundi véto et promis on va te soigner. ça va aller mieux. Elle a vu que c'était pire, que ça n'allait pas du tout. Elle a essayé pourtant de se relever, de marcher... mais ça ne suivait pas très bien.
Maman s'est mise à pleurer de désespoir, elle l'a compris, elle l'a réconforté, elle lui a rendu ses câlins. Elle s'est battue tant bien que mal. Elle a été courageuse.
Puis mardi matin, s'en était trop, elle n'y voyait plus rien avec se sang qui lui sortait des yeux. Portant maman les nettoyer sans arrêt, mais rien à y faire, ils faisaient mal, ils sortaient un peu. Malgré l'eau apportée toutes les heures, le corps ne cessait de se déshydrater, les reins fatigués, ont arrêté de fonctionner. La bouillotte était chaude, ça faisait du bien, maman a déposé des bisous sur son petit nez, fait des caresses, lui a dit "je t'aime" et l'a laissé tranquille. C'était chaud, ça faisait du bien, elle était fatiguée, tout ça était épuisant. Il faisait chaud, elle s'est endormie et elle est partie. La tumeur cérébrale l'a emporté loin de moi et de ses copines.
Depuis maman elle pleure parce qu'elle n'arrive à croire qu'elle ne le reverra plus, que ça y est c'est fini. Elle n'est plus là mais c'est inconcevable. Pourtant elle pleure donc elle le sait bien, c'est fini.
C'est un coup de l'inacceptation, se dire que non elle va forcément revenir, que ce n'est pas possible et c'est après de la colère, tout ça mélangeait à une douleur indéfinissable, inquantifiable, c'est un déchirement. On se calme, on regarde le beau temps, on se dit que ça va passer mais on sait qu'on se ment. Oui ça va s'apaiser, mais elle continuera à me manquer, il continuera à avoir un rat en moins. C'est un abandon, un délaissement dans cette peine qui nous hante. Il n'y a plus rien d'autre que les souvenirs, les seuls quels mouchoirs et seringues délaissés, oubliés, marquent le signe d'une activité. On peine à réaliser, on a envie de se réveiller. Mais il faut s'endormir avec une présence en moins.
Cette pièce en moins du puzzle, qui n'empêche pas que le puzzle soit beau, mais il est moins beau.
J'ai certainement oublié des choses, il y en a tant à dire. Presque deux années de pure bonheur.
Mais je n'oublierais pas de dire une chose:
Arwen je t'aime.
Merci à vous pour votre soutien.